Des employés d’Amazon licenciés parce qu’ils soutenaient les Gilets jaunes

Le groupe Amazon a notifié des employés qu’ils étaient licenciés pour avoir “manqué de loyauté envers l’entreprise” et avoir tenu “des propos d’une singulière gravité”. Les trois anciens salariés d’Amazon avaient notamment montré leurs soutiens au mouvement des Gilets jaunes sur les réseaux sociaux.

Motif du licenciement : faute grave. Trois employés du géant de la vente en ligne Amazon ont été licenciés pour “faute grave”. Ils ont été virés suite à la publication de messages contre leur entreprise ou en montrant leur intérêt pour les actions des Gilets jaunes sur les réseaux sociaux.

« Franchement, vous gérez, les gens, ne lâchez rien ! ». L’autre a fixé rendez-vous à ses collègues à l’aube devant la porte de son lieu de travail pour partir bloquer un entrepôt voisin, à Lesquin (Nord). Un troisième, enfin, a lancé à la cantonade : « il faut du renfort et des palettes, les amis ! » révèle Le Parisien.
Les employés ont en fait été épinglés parce qu’ils s’épanchaient un peu trop sur leurs comptes Facebook. Amazon a donc notifié aux intéressés leurs licenciements pour des propos « d’une singulière gravité […] en opposition totale aux valeurs de l’entreprise » et avoir manqué, également, à leur « obligation de loyauté ». C’est ce qui est indiqué sur les courriers de licenciements envoyés aux trois employés âgés d’une vingtaine d’années.

Un employé veut faire appel

L’affaire de ces salariés a fait des émules dans les rangs de leurs collègues. Deux mouvements de débrayages ont même été organisés la semaine dernière sur le site de Montélimar (Drôme), tandis qu’un appel à la grève a été lancé pour mardi par les syndicats Sud-Solidaires, CGT et les Gilets jaunes Hauts-de-France et Drôme.
L’un de ces ex-salariés, au moins, aurait désormais l’intention de faire appel au tribunal des prud’hommes pour contester son licenciement.

Reste que, le salarié est soumis à une obligation de loyauté envers son employeur. Il peut être sanctionné si son comportement nuit à son entreprise. Ce qui peut se traduire par l’obligation de ne pas dénigrer son employeur.

Contacté par Le Parisien, Amazon reconnaît avoir envoyé « une dizaine de notifications » à des salariés sur ses différents sites en France tout en justifiant la démarche : « Ces personnes ont été licenciées car elles n’ont pas respecté leurs obligations contractuelles, soutient, laconique, une porte-parole du géant américain. Mais elles sont libres de leur opinion politique », assure-t-elle, se défendant de toute « chasse aux Gilets jaunes ».

Source : Des employés d’Amazon licenciés parce qu’ils soutenaient les Gilets jaunes – 03/02/2019 – ladepeche.fr