Mélenchon demande la démission de Castaner depuis la tribune de l’Assemblée nationale

Dans la soirée du mardi 29 janvier, les députés examinaient une proposition de loi soutenue par le gouvernement pour restreindre le droit de manifestation. Jean-Luc Mélenchon a saisi cette occasion pour adresser un message cinglant au ministre de l’Intérieur en réclamant sa démission depuis la tribune de l’Assemblée nationale. Dans son intervention, il a pointé « le bilan le plus terrible observé au cours des 60 dernières années » dans mouvement de contestation populaire.

Le président du groupe « La France insoumise » a rappelé qu’à ce jour, la répression du mouvement des gilets jaunes a fait 1800 blessés dont 160 blessures à la tête, 18 éborgnés et 4 mains arrachées du fait notamment de l’utilisation des lanceurs de balle de défense (LBD ou Flash-Ball) et des grenades GLI-F4. « Nous sommes pour l’interdiction des armes qui mutilent » a-t-il martelé. Les insoumis ont en effet déposé, à l’initiative d’Alexis Corbière, une proposition de loi pour suspendre immédiatement l’utilisation de ces armes.

« Vous êtes responsable »

Pour autant, l’ex-candidat à l’élection présidentielle a refusé de faire porter individuellement la responsabilité sur les policiers et a d’ailleurs rappelé que 1 000 d’entre eux avaient été blessés depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes. Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est le ministre qui doit assumer l’échec du maintien de l’ordre que constitue assurément un bilan si violent. « Vous êtes responsable monsieur le ministre, c’est la République qui veut ça (…) vous devez vous en allez et démissionner » a-t-il lancé devant un Christophe Castaner assis à son banc. Selon lui, les outrances verbales et les ordres irresponsables du ministère de l’Intérieur poussent à l’affrontement alors qu’« il n’y a pas deux camps dans ce pays, il n’y en a qu’un seul : celui du peuple et de sa république ».

Dérive autoritaire

Jean-Luc Mélenchon est revenu dans son discours sur la dérive autoritaire dont les insoumis accusent le pouvoir macroniste depuis plusieurs semaines. Il faut dire que la proposition de loi étudiée, qui permettra aux préfets de prononcer arbitrairement des interdictions de manifestation apporte de l’eau à leur moulin. Le 14 janvier, c’est le député Ugo Bernalicis qui dénonçait les propos menaçants du ministre de l’Intérieur à l’encontre des manifestants en appelant à porter plainte contre sa personne pour entrave à la liberté de manifester.

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