Préfet de police limogé, interdiction de manifester : la “nouvelle stratégie” d’Édouard Philippe

Remplacement du préfet de police de Paris, interdiction des manifestations dans certains quartiers, amende de 135 euros en cas de manifestation interdite : les réponses du Premier ministre Édouard Philippe face aux Gilets jaunes.

Le Premier ministre Édouard Philippe a serré d’un tour de vis la politique de fermeté face aux Gilets jaunes. “Nous allons renforcer la fermeté de notre doctrine de maintien de l’ordre”, a affirmé Édouard Philippe dans une allocution prononcée à Matignon, visant à dessiner “une nouvelle stratégie”.

“Les événements survenus à Paris samedi dernier, en particulier sur les Champs-Élysées, sont intolérables et le président de la République a demandé au gouvernement d’apporter une réponse à la hauteur des enjeux”, a rappelé le Premier ministre lors de ce discours, donné au sortir d’une réunion de crise présidée par Emmanuel Macron à l’Élysée.

Le locataire de Matignon a mis en cause “des consignes inappropriées” pour réduire l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD) lors de la dernière manifestation du samedi 16 mars. Il a dit sa volonté de “renforcer la fermeté de notre doctrine de maintien de l’ordre”. Dans l’entourage du Premier ministre, on a souligné que la décision d’user avec modération des LBD n’était pas le fait du ministère de l’Intérieur.

Dans la foulée, le Premier ministre annonce l’arrivée d’un nouveau préfet de police à Paris. Didier Lallement, actuellement préfet de Nouvelle Aquitaine remplacera Michel Delpuech, âgé de 66 ans, limogé. Michel Delpuech était régulièrement donné partant depuis l’affaire Benalla et les polémiques à répétition sur la gestion de l’ordre public dans la capitale.

Manifestations interdites, amende de 135 euros

Les manifestations de Gilets jaunes seront par ailleurs interdites dans plusieurs quartiers de France, dont les Champs-Élysées, si des “éléments ultras” sont présents, a annoncé le chef du gouvernement lors d’une déclaration à la presse, à Matignon, lundi 18 mars.

“Nous interdirons les manifestations se revendiquant des Gilets jaunes dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d’éléments ‘ultras’ et de leur volonté de casser. Je pense bien évidemment aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse”, où “nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements”, a-t-il expliqué.

Enfin, le Premier ministre a demandé à la Garde des Sceaux Nicole Belloubet “d’augmenter très nettement le montant de la contravention en cas de participation à une manifestation interdite”. Actuellement, les personnes qui se rendent à un rassemblement interdit – infraction qui constitue une contravention et non pas un délit – encourent une amende d’un maximum de 38 euros. Ce montant passerait à 135 euros, selon Matignon. Les organisateurs sont, eux, passibles de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.

Selon Édouard Philippe, “ce n’est pas un hasard si les casseurs se remobilisent alors que le débat (le grand débat organisé par l’exécutif depuis janvier, NDLR) est un succès. Ce que veulent ces gens, ce n’est pas le dialogue. Leur seule revendication, c’est la violence, et les manifestants pacifiques doivent prendre leurs distances avec ces casseurs”.

Édouard Philippe a indiqué avoir donné des instructions pour que les éventuels appels à la violence émanant de “personnalités” du mouvement soient systématiquement signalées à la justice par le ministère de l’Intérieur.

Avec AFP

Source : Préfet de police limogé, interdiction de manifester : la “nouvelle stratégie” d’Édouard Philippe

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